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La douleur est un phénomène subjectif et complexe,
spécifique à chaque individu, dont l'aspect
thérapeutique a longtemps été minimisé,
voire même ignoré.
Une des premières étapes de
sa prise en considération fut la définition
donnée par l'I.A.S.P. (International Association for the
Study of Pain) qui associe d'emblée à l'expérience
physique, une dimension émotionnelle, suscitant ainsi
l'intérêt scientifique pour un phénomène
complexe dont la prise en charge requiert une implication
interdisciplinaire.
Depuis plus de dix ans, nous voyons cette approche se refléter à petite
échelle dans la création de structures tels que les "Pain clinic".
Il est important et intéressant de souligner les changements nécessaires
à l'élargissement de la prise en charge de la douleur pour l'intra- et
l'extra-hospitalier.
Cet élargissement exige un travail de fond considérable puisqu'il touche aux
changements des mentalités et des pratiques. Ceux-ci s'opèrent à
différents niveaux et font de chacun un acteur du soin qu'il soit médecin,
soignant ou patient.
Ce dossier tend à faire écho de ces changements :Dans le grand public,
dans la mémoire collective, au travers d'une réflexion sur les mythes autour de
la douleur et ses réalités.
Chez le patient que l'on guide vers la prise en charge active de sa douleur. A
l'écoute de ses anciennes représentations, nous l'incitons à interpeller
le personnel soignant au sujet de sa douleur.
Chez les professionnels de la santé où la prise en charge de la douleur
s'inscrit dans un projet d'humanisation des soins et dans une culture de prise en
considération de la douleur. Elle nécessite une approche interdisciplinaire, le
développement de compétences suffisantes, une organisation concertée tels
les services de la douleur aiguë et les centres interdisciplinaires de la douleur.
Plusieurs articles insistent sur l'importance de la formation des professionnels de la
santé.
L'évaluation de la douleur est un préalable indispensable à son
soulagement. Elle nécessite une écoute du patient et peut s'appuyer sur des
outils (échelles, questionnaires, grilles) rendant cette évaluation plus
objective.
Dans la stratégie thérapeutique, les traitements pharmacologiques sont
envisagés comme une partie du projet thérapeutique interactif en réponse
aux besoins du patient. L'approche chirurgicale fait également partie des traitements
de la douleur, ces techniques étant aussi le résultat d'une évaluation
pluridisciplinaire.
D'un point de vue psychologique, au départ de la définition de la douleur,
deux auteurs redéfinissent le modèle biopsychosocial de la prise en charge de
la douleur.
Ils soulignent la nécessité d'apprendre aux patients les stratégies
pour mieux gérer la douleur et améliorer leur qualité de vie.
La quête de la qualité de vie se travaille également au travers d'autres
aspects de la prise en charge non pharmacologique de la douleur : l'amélioration
des conditions d'accueil, l'information du patient.
Dans ce dossier, des exemples de projets institutionnels et de santé publique
articulent l'ensemble de ces changements de mentalité.
La dimension nationale et internationale de la lutte contre la douleur est soulignée
comme étant le moteur d'une synergie entre hôpitaux et en réseau.
Sophie Leruth
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