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Anatole Broyard dit : «On ne peut pas sauver tous les malades,
mais la maladie peut être soulagée par la manière dont le médecin
traite son patient. Le médecin, pour sa part, peut trouver son propre salut dans sa
façon d'aborder la maladie. Pour cela, il doit tout d'abord redevenir un étudiant :
il faut qu'il dissèque le cadavre de son moi professionnel.
Il doit comprendre que son silence, sa neutralité ne sont pas choses naturelles.
Il est peut-être nécessaire qu'il cède une part de son autorité
pour prix de son humanité retrouvée, mais, comme le savaient les vieux médecins
de famille autrefois, ce n'est pas une si mauvaise affaire. En apprenant à parler avec ses
patients, en se remettant lui-même en question, le médecin peut y retrouver un plus
grand amour de son travail. Il a bien peu à perdre et tout à gagner en laissant le
malade toucher son coeur. S'il en est ainsi, le médecin et le malade peuvent partager,
comme bien peu le font, l'émerveillement, la terreur et l'exaltation d'avancer
sur le fil de la vie, entre naturel et surnaturel.» (extrait repris de SIEGEL BERNIE S.
(1995), Vivre la maladie, Ed. J'ai lu, Paris, p.161)p
La relation soignant-soigné est donc avant tout une relation humaine...
Dans ce dossier consacré à la relation soignant-soigné, il ne sera pas
uniquement question de maladie, puisque dans l'article d'introduction, ce sont de jeunes mères
qui s'expriment, en relation avec des soignants dans le cadre de leur grossesse, de leur accouchement
et du suivi médical de leur enfant.
Dans les autres articles, des cadres de santé publique africains nous font part des besoins
de formation en communication interpersonnelle des personnels de santé; une sociologue nous
explicite les difficultés de la communication et nous rappelle l'importance de l'écoute
de la parole, des gestes et des modes de pensée; une psychologue nous parle du vécu de
la personne âgée et de la nécessité pour les soignants de repérer
quelles attitudes seront les plus profitables pour elle; une infirmière stomathérapeute
nous décrit son travail avec les patients stomisés et, enfin, le dossier se termine par
une bibliographie commentée.
Les propos des auteurs montrent la complexité de cette relation soignant-soigné et
la difficulté d'une compréhension mutuelle.
Accueil, écoute, reconnaissance de ce qui vit l'autre, respect, encouragement, partage de
savoirs, compétences technique et humaine au service du patient, ... forment la trame d'une
relation soignant-soigné de qualité.
Anne Malice
Centre d'Education du Patient
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