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Le dossier de ce Bulletin est consacré aux actes de la journée de l'IPCEM du 20 juin 1997. Cette journée avait pour thème «le patient au centre de l'éducation».
L'IPCEM (Institut de Perfectionnement en Communication et Education Médicales) est un Institut Français de formation du patient. Leurs formations sont axées sur l'éducation du patient diabétique, asthmatique et depuis peu, hémophile. Chaque année, la «Journée de l'IPCEM» permet aux stagiaires de l'IPCEM et à des participants extérieurs de présenter des communications sur l'éducation du patient.
Les préoccupations des intervenants sont diverses. Elles forment la trame de ce dossier. Les voici présentées sous forme de questions :
Quels facteurs facilitent ou limitent l'apprentissage ?
La plupart des auteurs posent cette question et y apportent leurs réponses. Monique Bonestève met en évidence, chez des patients diabétiques passant à l'insuline, l'impact affectif et comportemental de leurs représentations de la maladie et du traitement. Caroline Bonnet et al. soulignent la difficulté des éducateurs et des patients à «faire acquérir et acquérir» des démarches cognitives performantes basées sur la résolution de problème. Yves Magar et al. explicitent les réticences des médecins à promouvoir les séances éducatives auprès de leurs patients. Ils pointent aussi le peu d'attractivité de ces séances comme facteur susceptible d'expliquer l'abandon de certains patients en cours de formation.
Comment estimer l'évolution des compétences des patients ? Comment permettre la transmission des informations dans l'équipe pluridisciplinaire ?
Pour ce faire, des soignants ont mis au point des grilles d'évaluation des connaissances et des gestes, des dossiers éducatifs, des outils de suivi pédagogique (Laurence Cavalieri et Clarisse Hular, d'une part, de Véronique Villars, d'autre part). Claire Marchand expérimente une nouvelle approche, celle des cartes sémantiques, qui permet de représenter graphiquement l'organisation des connaissances d'une personne sur un thème donné.
Quelles améliorations apporter aux stratégies d'apprentissage ?
Afin de faciliter l'acquisition de savoirs et de savoirs-faire, plusieurs projets ont utilisé une démarche ludique : apprentissage par problème, afin de favoriser une recherche active d'informations (Françoise Bentato et Nathalie Pilon) et la création d'un «quiz» électronique pour des enfants asthmatiques de 8 à 12 ans (Véronique Villars). Anne-Marie Dognin, à travers trois études comparatives souligne l'intérêt de prendre en considération et d'intégrer les articles de presse grand-public dans la programmation de l'éducation du patient.
Pourquoi et comment favoriser l'expression du patient ?
Béatrice Ginières nous montre la richesse du dessin de la santé, comme moyen d'expression de l'enfant et comme outil pour l'établissement du diagnostic éducatif, en complémentarité avec d'autres moyens. Régine Chenet et Frédérique Provin, au-delà des résistances des soignants, ont permis à des patients diabétiques de parler de leurs préoccupations au sujet de la sexualité, et en tirent des pistes pour un travail éducatif. Yves Magar et al. soulignent la crainte de certains patients de particioer à des groupes de parole. Quant à Véronique Petetin et Philippe Barrier, à travers leurs témoignages respectifs d'ex-diabétiques, insistent chacun à leur manière sur l'importance du respect par le soignant de l'expression du patient, expression qui, à certains moments, peut-être dérangeante car allant à l'encontre de la rationalité telle que le soignant peut se la représenter.
Anne Malice
Centre d'Education du Patient
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